RENCONTRE
DEBAT 16 NOVEMBRE 2006
Construire écologique chez soi et dans son quartier
Rencontre organisée à l’initiative de l’association joinvillaise « Joinville-Ecologie ».
La salle des mariages de la Mairie a accueilli un public attentif
La projection des vidéos de l’Arene (Agence régionale de l’environnement et des nouvelles énergies Ile de France) « :Les énergies renouvelables en Ile-de-France, ça marche » et « Réconcilier habitat et environnement, la démarche Haute Qualité environnementale »a introduit le thème de la rencontre.
Les Bulletins du CLER ( ) et diverses brochures en libre-service à l’entrée de la salle ont offert une documentation de base sur les économie d’énergie en général.
Autour de la table :
I. Hurpy,environnementaliste,
Ph. Bovet, président de l’Association » Les Amis de l’Ecozac de Rungis, Paris 13 »,
Aurélie Chapon, chargée de mission développement durable à la Mairie de Limeil-Brévannes,
Ch. Collin, directeur du CAUE 92 (Conseil architecture, urbanisme et environnement ) se joindra plus tard
Michel Laval,
secrétaire de Joinville-Ecologie et
Anne Meunier, présidente de JE introduisent les intervenants et conduisent
les débats.
Dans son introduction brève, M. Laval rappelle que nous sommes tous concernés par l’environnement,avec des moyens d’action différents selon notre position (particuliers, associations, collectivités territoriales, etc.).et marque l’importance d’une approche environnementaliste de l’urbanisme.
Hurpy
se présente en tant qu’environnementaliste. ayant obtenu un des 1er
doctorats français de la spécialité. .C’est une scientifique spécialisée dans
l’énergie.et l’eau.
Elle rappelle que le débat sur l’environnement remonte
à une trentaine d’années :
Il existe donc un réel
savoir accumulé et des échanges au niveau européen, mais cette filière professionnelle
est encore peu connue en France.
Les environnementalistes
sont obligés à l’heure actuelle d’expliquer leur mode de pensée, de travail
(vision globale de l’environnement, utilisation des ressources locales naturelles
avec un minimum de recours à la technique ou aux énergies autres que vent,
soleil, gravitation, etc.….)
Leur profil est donc
atypique et suscite encore beaucoup d’interrogations de la part des architectes,
concepteurs, urbanistes et maîtres d’ouvrages.
Pour illustrer ce mode de pensée, projection en vidéo de réalisations européennes :
Fribourg – Rep. Fédérale d’Allemagne – exemple d’un quartier conçu
et aménagé avec une qualité environnementale très développée, en insistant sur les déplacements, les déchets, l’énergie.
Bedzed – Grande Bretagne – exemple d’un ensemble de bâtiments conçus
et aménagés
selon des normes haute
qualité environnementale exigeantes et dans le recherche d’une grande qualité de vie quotidienne pour les
habitants
Des
promoteurs engagés dans le développement durable ont pour la première fois
créé un village écologique pilote, sans recours aux énergies fossiles et sans
rejet de CO2
Une réalisation française
se concrétise tout près de Joinville, à Limeil-Brévannes :
A. Chapon expose le projet de sa commune qui souhaite réaliser le 1er
quartier développement durable de France.
Le projet est située
sur une zone en friche en limite de
commune .
A terme, le quartier
accueillera 2 000 habitants pour 800 logements. Dont 50% seront en accession
à la propriété, 50% en location. La mixité sociale est voulue également par
une répartition de 50% de logement social et 50 % de logement classique.
Les contraintes de qualité
de construction sont les mêmes quelle que soit la destination du logement.
Les promoteurs se sont engagés à signer un cahier des charges commun sur tous
les types de construction (logement, bâtiments publics). Label « Habitat »CERCAL
Les énergies et
la gestion de l’eau répondront aux choix exigeants faits pour une économie
des ressources naturelles : chauffage central , biomasse, chauffe-eau solaire,
photovoltaïque,
récupération des eaux
de pluie pour un usage externe,un
bassin de rétention d’eau sera installé.
Les bâtis sont implantés
selon une orientation N/S pour bénéficier de l’ensoleillement.
Uune seule place de
parking sera prévue par logement.
20% de la ZAC sera réservée
aux espaces verts.
C’est une société d’économie
mixte (SEM) qui supporte le risque financier. Huit promoteurs se sont regroupés
pour ne former qu’un seul interlocuteur.
Dans ce quartier, des
réalisations sont prévues à destination du public :crèche parentale ,
maison à destination des personnes âgées pour permettre le partage et l’écoute
Dans le but de pallier le manque de transports
(autre que bus), des solutions de co-voiturage, partages de voiture ;
de vélo, ou cyber-cars sont envisagées. Cette dernière proposition consiste
en la mise en place d’un réseau de véhicule-robots accueillant de 4 à 12 personnes
et reliant le quartier aux gares RER (Boissy ST léger, Villeneuve-Saint-Georges).
Le projet « Pedibus » à destination des élèves
de l’école du quartier permettra le ramassage scolaire à pied encadré par
des adultes
La ville attend un retour
d’investissement important et .escompte la création d’emplois
Mais la volonté politique de
Limeille-Brévannes va au-delà de la réalisation de ce quartier car
lla commune espère encourager le comportement responsable des citoyens.
Sa démarche est complétée
par un projet « Ecole à énergie
zéro » qui doit ouvrir ses portes en septembre 2007. Ce bâtiment doit être conçu
pour produire l’énergie dont il a besoin, voire davantage.
Des actions pédagogiques
auprès des élèves pourraient être mises en place.
Le développement durable touchant également le commerce, le principe de commerce équitable sera encouragé.
L’approche environnementale
globale :
Mme I. Hurpy démontre combien l’approche environnementale
est une démarche scientifique nécessitant mesures, études, etc., qui aboutit à l’optimisation des choix.
L’idée force de la philosophie
environnementaliste est de conserver la continuité des situations. De même
que l’eau et l’air circulent « librement », la qualité d’un environnement
se répercute à toute une zone (propriété privée, publique)
En France « environnement »
rime avec « économie d’énergie » la pluspart du temps. C’est en
partie faux,. tout fait partie de l’environnement : ambiance sonore,
présence ou absence de végétal, voierie…
C’est pourquoi analyser
un projet selon un seul axe de recherche est un mauvais choix.
Tout doit être pris
en compte. Ce qui implique que chaque situation,chaque lieu, constitue un
cas différent. Les solutions à adopter seront sans doute différentes car elles
devront s’adapter au contexte (présence de pente, sol glaiseux, bâti important,
imperméabilisation du sol, etc.…).
La force de l’environnementaliste
repose dans la place qu’il fait à l’habitant (la population) pour le(la)quel(le)
il travaille :l’implication des citoyens est un élément de réussite iincontournable
. Mais il se caractérise aussi par sa vision globale des questions à résoudre.
Si l’eau est un enjeu urbain majeur, il n’exclut pas l’énergie, l’air, l’ambiance
climatique... tout est vital , et on peut observer . Les allemands ont
ainsi une approche tout à fait globale des problèmes.
Voici en France,
des réalisations d’ampleur différentes : : à Metz,le quartier de
la rivière a été restructuré et la
climatisation de la ville en a été améliorée ; à Mulhouse , les
constructions ont été faites en retrait de rue, laissant le bord de rue à
des » silos à voitures », servant ainsi d’écran phonique :
de l’espace au sol a été récupéré pour les
piétons et permet des espaces verts ; La Halle de St Denis permet
la: récupération d’ eau de pluie pour le lavage des espaces des marchés
forains, toilettes publiques : 2.500m3 pour 1.400 m2 de toiture.
Haute qualité environnementale
et Label HQE, bien des nuances à saisir :
Une réalisation respectueuse de l’environnement est possible même si le label HQE n’est pas respecté.
!HQE est une marque
déposée. .C’est en quelque sorte un guide méthodologique pour les constructeurs,
analysant par grands chapitre les différentes parties de la construction et
définissant les meilleures qualités à obtenir, mais il ne fonctionne pas pour
les environnementalistes. Le Label , s’il est bon dans le cas d’un produit
industriel, ne l’est pas dans le cadre d’un concept aménagement.
Il faut bien comprendre
qu’une approche haute qualité environnementale peut être faite en-dehors de
tout label. Pour certains, le environnementaliste est idéaliste, mais réalise-t-on
que penser environnement génère une économie d’investissement ?
Eco ZAC Rungis Paris XIII :
Philippe Bovet présente cette ancienne friche SNCF
de 3,8 hectares.,et
un projet exemplaire en matière
de respect de l’environnement.
C’est une action militante d’abord puis un grand travail
d’information en direction de la mairie
de quartier. ; Le projet insiste sur la mixité social.
Le point fort dans la
construction en est la conception bioclimatique, et l’ isolation pour diminuer
le coût chauffage ..
Le Cahier des charges sera arrêté au 15/02/07.
La gestion de l’eau , exposé d’Isabelle Hurpy
:
En milieu urbain :
l’absence de sol végétal perturbe le climat
urbain. La présence massive de goudron et de couvert minéral (place pavée)
augmente les pics de température ,
En centre ville à
Berlin, un lac artificiel alimenté par l’eau de pluie récupérée des
toitures jjoue le rôle de modérateur
dans ce climat continental.
L’eau urbaine va très
vite vers les rivières, et accentue ainsi le risque Innondation..alors que
sur une pelouse.chaque goutte de pluie est filtrée. Le sous-sol en ville est
truffé de tuyaux, la circulation souterraine de l’eau s’en trouve entravée.
Les fuites d’eau des
canalisations d’amenée d’eau potable augmentent les quantités à traiter en
usine d’épauration..
En zone rurale :
En ce qui concerne le
recyclage de l’eau de pluie, la législation française interdit la redistribution
de l’eau de pluie.
Le conseil national
de l’hygiène (CNH) ne donne ni réponse, ni consigne.
Pour ce qui est de la
dangerosité de l’eau de pluie, I. Hurpy attire l’attention de la salle sur
lles fausses informations véhiculées à ce sujet. .
Ph. Bovet présente une
radio à écran solaire ( dynamo et possibilité de brancher sur le secteur),
lampe de poche (dynamo), montre solaire.
Un auditeur témoigne
de ses difficultés pour l’installation de 16 panneaux photovoltaïques. Il
s’est heurté à beaucoup de lourdeur administrative,sans trouver aide et conseils.
Seule ll’Ademe a offert des contacts positifs. .Il vend sa production à EDF,
selon un taux fixé il y a quelques années non réactualisable.
Un autre a installé
une isolation en liège, produit au Portugal, manufacturé en Belgique, livré
en France ! Il a constaté le manque
de compétence artisanale pour la pose de ce produit d’isolation.
Enfin, Ch. Collin ,
revient sur la présence à Joinville d’un patrimoine construit ou naturel (les
bords de Marne), à préserver . L’ancien doit cohabiter avec le nouveau.
La diversité n’est pas seulement biologique, elle est aussi sociale et fonctionnelle ;
Une ville est un livre ouvert sur l’histoire pour les générations futures